
Les indiens sont réticents à laisser s'introduire le secteur privé dans le domaine de la distribution de l'eau. Cependant, les états n'étant pas capables de fournir de l'eau potable de qualité au robinet, les entreprises privées ont pu largement "s'immiscer" dans ce domaine. Il y aurait en Inde
100 à 200 marques d'eau en bouteilles et plus de
1200 usines permettant de traiter l'eau et de l'embouteiller.
Le marché de l'eau en bouteilles est apparu en Inde dans le milieu des années 80. A cette époque seuls les classes supérieures et les touristes avaient les moyens d'en acheter. Dans les années 90, le pouvoir d'achat de la classe moyenne s'est développé, et le marché de l'eau en bouteille a explosé dans les villes. Les consommateurs étant de plus en plus nombreux, les prix ont baissé, divers types de conditionnement se sont développés, comme les bouteilles de 20l par exemple.
Chaque année le marché augmente de 40%. Beaucoup d'
entreprises internationales sont venues s'installer en Inde:
Coca-Cola avec l'eau Kinley, Pepsi avec Aquafina, Nestle avec Pure Life...
L'eau mise en bouteille n'est pas de l'eau de source minérale. La plupart du temps, elle est
pompée dans la nappe avant d'être traitée avec des techniques modernes:
osmoses inverses, rayons UV... La conséquence d'une telle pratique est la
diminution inquiétante du niveau des nappes dans les régions où sont implantées les usines. C'est un business lucratif puisque la matière première: l'eau, ne coûte rien, seulement une taxe au gouvernement qui est parfois dérisoire. Les entreprises sont autorisées à extraire une certaine quantité d'eau, mais il n'y a
pas de contrôles de la quantité d'eau réellement prélevée. Coca-Cola a été mis en cause dans des régions où ses usines sont implantées pour être responsable de la diminution des ressources en eau. Au voisinage des usines, l'eau disponible pour l'irrigation et les besoins domestiques des habitants a largement diminué.
Le consommateur indien pense boire une
eau de qualité, en achetant de l'eau en bouteilles, cependant
c'est loin d'être le cas. Une norme existe en Inde sur la qualité des eaux en bouteilles, mais très peu de contrôles sont réalisés pour savoir si les entreprises les respectent. En 2003, le Center for Science and Environement a fait des analyses pour évaluer les quantités de
pesticides contenues dans les eaux en bouteilles vendues à Delhi et Mumbay (Bombay). Seule l'Évian, qui est importée depuis la France, n'a pas révélé la présence de pesticides! Un mois après la publication de ces résultats, le gouvernements a
retiré les licences de 8 entreprises. En 2005, une étude menée par le Punjab Agriculture Univerity, a montré la présence de
bactéries coliformes dans l'eau des 9 marques testées dont les plus importantes: Kinley, Aquafina, Bisleri. La présence de ces bactéries indique que l'eau peut contenir des éléments pathogène et est significatif d'un mauvais fonctionnement dans le processus de traitement.
L'eau en bouteille en Inde est un vrai business lucratif. Cependant comme tout business qui peut avoir des
conséquences sur l'environnement et la santé des consommateurs, il est nécessaire d'installer des
règles et de les faire appliquer. Par manque de moyens, le gouvernement indien ne peut pas exercer de contrôles. Par conséquent les entreprises, qui doivent êtres compétitives, ont tendance à délaisser la qualité et à commettre des abus par rapport aux quantités d'eau qu'elles sont autorisées à prélever.
Sources:
http://www.infochangeindia.org/agenda3_13.jsphttp://www.indbazaar.com/consumerguide/index2.asp?ct=23http://www.tribuneindia.com/2005/20050715/main2.htm
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