L'auteur

En août 2005 je me suis envolée vers l'Inde pour y passer 1an1/2.

Ingénieur en hydraulique, j'ai travaillé au sein d'une cellule franco-indienne de recherche sur l'eau à Bangalore. Sensibilisée aux problèmes d'eau, j'ai voulu en savoir plus sur ceux du sous-continent indien et partager tout ceci sur le net. 

Pourquoi ce blog?



Les problèmes liés à l'eau sont majeurs dans les pays du Sud à forte croissance démographique, qui présentent généralement de fortes disparités spatiales et temporelles en terme de disponibilité des ressources. A travers mon expérience en Inde, j'aimerais faire part de la façon dont ce pays, à multiples facettes, fait face aux problèmes d'alimentation en eau, traitement des eaux usées, qualité des eaux, gestion des ressources, organisation, sans oublier le facteur humain. N’hésitez pas à mettre des commentaires, poser des questions, faire part de votre expérience : l’intérêt d’un blog c’est son interactivité !


Mardi 25 juillet 2006
Il est relativement difficile d'obtenir des informations en ce qui concerne la qualité des  eaux desservies dans les villes. Etant donné que même les entreprises produisant de l'eau en bouteilles avec des techniques modernes ne fournissent pas une eau de qualité (cf article: "L'eau en bouteilles: un business qui rapporte"), il est difficile d'imaginer que le secteur publique puisse fournir une eau réellement potable.
Récemment une association, Clean-India, a réalisé des tests dans 28 villes d'Inde. Ils ont prélevé des échantillons de 624 points d'eau de divers origines: eau des nappes, eau des fontaines publiques, eau du réseau d'eau potable. Seulement 26% des points d'eau mesurés ont présenté des analyses satisfaisantes pour une eau de consommation. D'autre part la qualité des eaux est très variable selon les saisons. Les villes n'ont pas de systèmes pour récolter les eaux de pluies. En période de mousson les pluies peuvent être assez intenses causant le débordement des drains et égouts. L'eau de pluie qui ruisselle sur les routes se mélange aux eaux usées et s'infiltrent dans le sol, parfois jusqu'à la nappe. Les réseaux d'eau potable présentant de nombreuses fuites sont également contaminés. En été, les ressources se font plus rares et les éléments contaminants comme les pesticides se retrouvent en plus forte concentration.
Il n'est pas évident de savoir comment les villes procèdent pour produire de l'eau potable Une véritable enquête serait nécessaire. Mais même dans le cas où les villes possèdent des unités de production d'eau potable efficaces, avec filtration, injection de chlore...etc.., l'eau en sortie de station est potable, mais ne l'est pas nécessairement quelques kilomètres plus loin du fait de la mauvaise qualité du réseau (40% de fuites en général). D'autre part les villes ne disposent pas d'assez de moyens pour assurer un bon suivi de la qualité de l'eau. Seulement 25% des villes ont un système de contrôle de l'eau potable.
Une bonne qualité de l'eau potable sera difficile à obtenir tant que les sources potentielles de pollution resteront aussi nombreuses. Ceci ne sera donc possible que lorsque les systèmes de récupération des eaux usées seront efficaces et que l'ensemble de ces eaux sera traité en station d'épuration. D'autre part il faut également que les systèmes d'élimination des déchets, source de pollution, évoluent. Toute une éducation est également à développer car les indiens ne sont pas très sensibilisés aux problèmes d'environnement et jettent sans scrupule tout emballage dans la rue.


Résultats des analyses réalisées par Clean-India





Sources:
http://www.cleanindia.org/findings_water.htm
http://www.cseindia.org/programme/health/pdf/conf2006/water_nanoti.pdf

Par Caroline - Publié dans : L'eau en zone urbaine
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Dimanche 16 juillet 2006
Dans un pays comme l'Inde, qui connaît une longue saison sèche, les eaux souterraines sont une ressource essentielle. Pendant la saison sèche, l'eau qui coule dans les rivières provient des nappes, elle constitue ce qu'on appelle le débit de base. La quantité d'eau souterraine utilisable* en Inde est estimée à 420km3 par an. 380km3 de ce volume alimente les débits de base des rivières.
Avec  l'intensification de l'agriculture et l'amélioration des techniques de forage, l'Inde a vu naître en 30 ans, 2 à 3 millions de puits permettant d'extraire les eaux des nappes. On estime que sur l'ensemble de l'Inde seulement 30% de l'eau des nappes annuellement utilisable est réellement exploitée. Cependant les pluies étant inégalement réparties sur le territoire, la recharge des nappes est moindre dans certaines régions. D'autre part l'agriculture intensive est plus développée dans certains endroits. Par conséquent, certains états voient leurs niveaux de nappes diminuer de manière inquiétante. C'est le cas du Punjab, Haryana, Gujarat et Tamil Nadu.
En Inde chaque propriétaire terrien est libre d'utiliser les eaux des nappes de son domaine. Il n'y a pas de législation pour l'exploitation des eaux souterraines. Ce phénomène de sur-exploitation, qui s'accompagne aussi de polution des nappes, va par conséquent continuer à se développer si aucune loi n'est mise en place. 


*La quantité d'eau souterraine utilisable chaque année est égale à la recharge annuelle des nappes. La recharge des nappes dépend fortement des pluies de mousson. Sur la quantité totale de pluie qui précipite, une partie ruisselle, une partie s'évapore et est utilisée par les plantes (évapotranspiration), le reste s'infiltre jusqu'à la nappe.


Source:
http://wrmin.nic.in/resource/default3.htm
http://www.fao.org/ag/agl/aglw/aquastat/countries/india/index.stm
Par Caroline - Publié dans : Ressources en eau
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